Le Conseil d’Administration de l’APLIUT souhaite réagir contre la fin de l’article 12 de l’arrêté du 6 décembre 2019 portant réforme de la licence professionnelle, qui pour les IUT, prend le nom d’usage de « bachelor universitaire de technologie » :

« La délivrance du diplôme est subordonnée à la présentation d’au moins une certification en langue anglaise faisant l’objet d’une évaluation externe et reconnue au niveau international et par le monde socioéconomique » ;

et s’associer aux réactions entraînées par la publication de l’arrêté du 3 avril 2020 relatif à la certification en langue anglaise pour les candidat.e.s inscrit.e.s aux diplômes nationaux de licence, de licence professionnelle et au DUT, qui fait suite à l’arrêté du 30 juillet 2018 relatif au diplôme national de licence (articles 10 & 19) et modifie les arrêtés du 17 novembre 1999 (pour les licences professionnelles) et du 3 août 2005 (pour les DUT).

 

 

Alors que les équipes pédagogiques des IUT se mobilisent pour le passage des programmes du DUT en deux ans aux programmes du BUT en trois ans et en compétences, ces lignes interpellent les enseignants de langues des IUT.

La question des certifications notamment en langues est en débat depuis des années et les associations d’enseignants de langues se sont plusieurs fois exprimées sur les risques d’une systématisation. Les enseignants de langues des IUT notamment, au travers de leur association, l’APLIUT (Association des Professeurs de Langues des IUT) s’interrogent aujourd’hui sur la pertinence de ce texte… sans la trouver.

 

Et après l’anglais viendront les mathématiques, la chimie… Nos collègues verront-ils aussi le niveau de leurs étudiants évalué par une certification externe ?

 

Nous soutenons le texte présenté par le GERAS et, avec nos collègues,

« nous demandons, si l’arrêté n’était pas retiré, qu’il soit a minima modifié de façon à laisser aux équipes pédagogiques la liberté de développer des dispositifs de validation des compétences langagières spécialisées ou bien de proposer à leurs étudiant.e.s de passer, s’ils ou elles le souhaitent, une certification en langue spécialisée, qu’elle soit disciplinaire ou professionnelle (anglais médical par exemple, ou espagnol juridique), dans la langue de leur choix, et de leur octroyer les moyens financiers adéquats.

 Enfin, nous sommes indigné.e.s par le fait que le gouvernement ait choisi cette période de crise sanitaire et de confinement pour délibérément ignorer notre expertise scientifique en matière d’évaluation des compétences langagières de nos étudiant.e.s, dans le cadre de leur spécialisation disciplinaire et dans la perspective de leur insertion professionnelle, au moment même où nous avons su collectivement, et en un temps record, assurer la continuité du service public en développant massivement l’enseignement et l’évaluation à distance. »

 

Les membres de l’APLIUT réaffirment leur engagement pour un enseignement universitaire public, de qualité, répondant aux demandes des recruteurs de nos étudiants et respectueux du plurilinguisme de notre environnement.

 

 

Le CA de l’APLIUT

14 avril 2020